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The end ♥ 02/01/2018

Hello everyone ! Bon, comme vous l'aurez compris en lisant le titre, cet article est là pour annoncer la FIN définitive du blog. Et oui, je suis sincèrement désolée de vous dire ça mais il fallait bien qu'il s'arrête un jour. J'ai essayé plusieurs fois de le reprendre (mais toute seule c'est pas évident) sauf que je finissais toujours par le remettre en pause par manque de temps (et parfois de motivation, j'avoue). Aujourd'hui je suis dans la vie active donc c'est compliqué de m'occuper de ce blog et même si j'ai en ce moment la possibilité de m'occuper d'OETD, c'est l'envie qui me manque. Je n'aime plus trop la plateforme Skyrock et je pense avoir fait mon temps avec ce blog. OnEstTousDifferents m'a permis de faire de merveilleuses rencontres, m'a ouvert l'esprit plus que jamais, m'a sensibilisée à des sujets que je connaissais à peine voire pas du tout, m'a fait me sentir utile... Bref, je sais qu'OETD a aidé beaucoup de personnes. Mais il m'a aidée aussi. Aujourd'hui je prends la décision d'arrêter parce que je ne me sens plus capable de le gérer et parce qu'il faut bien une fin à tout. Et je sais que certaines personnes vont se proposer pour le gérer, merci à vous mais désolée, c'est non, je préfère arrêter définitivement cette aventure. Libre à vous de créer des blogs pour aider les autres (bravo si vous le faites)... si vous pouviez éviter de reprendre exactement le même concept en revanche, ça serait top parce que c'est Céline qui l'a inventé et même si on ne se parle plus aujourd'hui, je n'ai jamais aimé qu'on copie ce magnifique blog. Voilà, encore une fois je vous prie de m'excuser pour ceux qui voulaient que le blog continue. (Et désolée aussi à ceux qui m'ont envoyé des messages ou des commentaires ces derniers mois parce qu'ils voulaient témoigner, I'm sorry.) Ce fut une merveilleuse aventure qui a duré plus de 5 ans (avec des pauses, certes) et qui m'a permis de grandir donc un huuuge MERCI à vous tous ! ♥ J'aimerais bien pouvoir vous aider encore, mais je n'ai plus d'idée pour ça, pas de plateforme qui me tente et moins de temps aussi... Donc vous pouvez toujours suivre @OETDifferents sur Twitter si vous avez besoin de conseils ou juste de vous confier (je donne volontiers mon Twitter personnel aussi si vous le souhaitez mais accrochez-vous, je suis beaucoup + relou). Peut-être qu'on se retrouvera un jour ailleurs, peut-être pas ! En tout cas encore merci pour tout et j'espère que je [nous] vous l'ai [l'avons] bien rendu pendant ces cinq belles années !

Au passage, je vous souhaite une merveilleuse année 2018 ! La santé pour vos proches et vous, beaucoup de bonheur, de réussite, d'épanouissement, et surtout plein d'amour.
Je vous envoie plein de courage si vous en avez besoin et n'oubliez jamais que vous êtes des personnes formidables. Gardez espoir.
Love,
 
Flo'

Ma prof m'aide à traverser mon deuil 01/03/2017

"Elle m'a alors expliqué que chacun a sa manière de faire son deuil et que j'avais décidé de le prendre avec le sourire..."


Qui es-tu ?
Je suis une adolescente de 15 ans :)

De qui es-tu en deuil ?
De mon grand-père.

Depuis combien de temps ?
Depuis 1 mois bientôt. Désolée je ne veux pas dire comment il est décédé.

La prof qui t'aide à traverser ton deuil tu la connais depuis longtemps ?
Je la connais depuis longtemps mais elle est ma prof depuis cette année.

Tu l'as souvent en cours ?
Oui assez souvent, environ 3 à 4 heures par semaine.

De quelle façon t'aide-t-elle ?
Tout simplement en communiquant, on parle souvent et elle a su et sait trouver les mots quand ça ne va pas ou quand elle-même voit que ça ne va pas d'ailleurs. Même si je souris, elle sait si je vais bien ou pas.

Vous vous parlez souvent ? À quel moment ?
On se parle assez souvent, un peu moins maintenant sur ce sujet mais on parle aussi orientation.

Est-ce que vous communiquez en dehors des cours ?
Non. C'est une professeure qui reste à l'écoute à toute heure durant la période de cours mais je pense qu'elle ne veut pas franchir cette barrière. (Et moi non plus d'ailleurs)

Avant le décès de ton grand-père tu t'entendais déjà bien avec cette prof ?
Oui je m'entends très bien avec cette prof depuis le début d'année, tant mieux car c'est ma titulaire ahah. C'est une professeure très à l'écoute de ses élèves qui privilégie la communication aux punitions.

Elle te donne des conseils, te remonte le moral ?
Oui, on a parlé pas mal de temps et elle me donne des conseils pour que tout se passe mieux.

Tu as du mal à faire le deuil de ton grand-père ?
Très honnêtement non, je sais que ça peut choquer certaines personnes mais non. C'est justement pour ça que je suis allée la voir, je ne me trouvais pas normale dans le sens où je n'éprouvais aucune émotion. Même le lendemain de son décès j'arrivais à rire. (Attention, cela ne veut pas dire que je n'ai pas pleuré ou que je m'en moque). Elle m'a alors expliqué que chacun a sa manière de faire son deuil et que j'avais décidé de le prendre avec le sourire car je suis une personne souriante et pétillante.

Tu étais proche de lui ?
Oui j'étais très proche de lui, il m'a tout appris, quand je le voyais j'étais comme en Italie. Quand il était à l'hôpital, j'allais le voir tous les soirs, je le faisais rire. Pendant un moment j'avais clairement mis le lycée de côté, je ne travaillais plus, dès que j'avais une pause je prenais des nouvelles de lui et quand je rentrais je partais directement à l'hôpital.

Tu es reconnaissante envers cette prof de t'aider autant à traverser ton deuil ?
Oui bien sûr ! Et je pense que c'est normal.

Un dernier mot ?
Merci ma Flo pour ce témoignage. Si vous avez perdu quelqu'un, dites-vous que même si cela vous fend le c½ur il faut continuer à vivre, à danser, à chanter, à rire, à sortir. La vie continue et je suis sûre que ça fait plaisir aux personnes qui nous regardent là-haut ;)

Tags : Prof - Décès - Famille - Mort

Je vis avec ma mère mais ne la connais pas 22/02/2017

"Le problème, c'est que nous ne nous connaissons pas, c'est de là que viennent tous nos conflits."

"j'aimerais juste pouvoir supprimer la distance qu'il y a entre nous"

Qui es-tu ?
On m'a donné le prénom de Camille Adriana Cahaya. Ma vie se trouve à Washington, bien que mon corps soit à Paris, mais malgré tout, mon c½ur réside à Balikpapan. Me voilà.
 
Tu vis seulement avec ta mère ? Tes parents sont séparés ou elle t'a élevée seule ou ... ?
Actuellement, oui, je ne vis qu'avec ma mère. Mes parents n'ont jamais divorcé, aussi fou que cela pourra paraître, je pense qu'ils étaient fous amoureux l'un de l'autre. Mais mon père est mort en 2013, et c'est lui qui m'a élevée. On était tous les trois sous le même toit, mais les relations avec ma mère s'arrêtaient ici. On partageait la cuisine, et parfois la bibliothèque, c'est tout.
 
Comment tu définirais ta relation avec ta mère ?
Clairement ? Il n'y en a aucune. En France, j'ai remarqué que vous aviez pour habitude de remplir une petite fiche en début de chaque nouvelle année pour vos professeurs avec votre nom, votre prénom,... Eh bien, on pourrait dire que ma mère et moi en sommes restées là, avec toujours des informations incomplètes.
 
Tu dis que tu ne la connais pas mais déjà, elle, tu penses qu'elle te connait ?
Non, je ne pense pas. Je ne peux pas le savoir avec certitude puisqu'elle sait ce que j'aime, elle connaît mon nom puisqu'elle me l'a donné, ma date de naissance puisqu'elle m'a mise au monde. Elle connaît mes goûts littéraires,... Alors peut-être que oui, en tout cas, elle en connaît plus sur moi, que je ne connais de choses sur elle.
 
Pourquoi cette sensation de ne pas la connaître ?
Ce n'est vraiment pas qu'une sensation... C'est souvent ça que beaucoup ne comprenne pas.
J'ai déjà "choqué" plusieurs personnes en leur disant cela, mais je n'ai appris le prénom de ma mère qu'après la mort de mon père. Je vous ai pourtant dit que j'avais grandi dans la même maison qu'elle, nous n'avons jamais été séparées au sens propre du terme. Mais je n'ai connu son prénom qu'à l'âge de 16 ans, jour auquel nous avons été forcées de commencer à vivre toutes les deux. Et aujourd'hui encore, j'ignore sa date de naissance, je ne lui ai jamais fait de cadeau, la seule fois où j'ai essayé, ça lui a tellement fait plaisir qu'elle l'a jeté à la poubelle. Je ne connais absolument rien de ma mère, si ce n'est son pays de naissance, son métier, et son prénom, ce qui en soit, est une grande victoire à mon goût ! Je suis son unique fille, et pourtant, je suis presque sûre, qu'un illustre inconnu pourrait vous dire plus de choses sur elle.
 
Quels sont tes sentiments envers ta mère ?
Je crois bien que c'est une des questions qui me posera toujours le plus de problème. C'est tellement difficile à exprimer.
Ma mère est une femme magnifique, autant physiquement que moralement... Oui, je pense que c'est une femme bien... Je vous ai perdus hein ? Je lui dois un énorme respect, de part son métier, qui consiste tout de même à sauver des vies, un métier que je rêve de pouvoir faire un jour ! De plus, mon père l'aimait du plus profond de son c½ur, et je suis presque sûre qu'elle aussi, alors, elle doit bien avoir du bon en elle non ? Elle m'a aussi portée pendant 9 mois, ce n'est pas rien 9 mois, elle m'a mise au monde, je lui dois la vie que j'ai aujourd'hui. Alors même si ne pas avoir de mère a été très dure, elle ne m'a jamais privée de quoique ce soit. Alors pour toutes ces raisons, peut-être que dans une autre vie nous aurions pu être amies.
Mais vous n'imaginez pas toutes les choses qu'elle a pu me dire. Elle m'a trop fait souffrir avec des mots que personne, ni même mon pire ennemi ne mérite d'entendre. Ce ne sont peut-être que des mots, mais des mots qu'on ne peut pas oublier et qui me poussent à la haïr, et encore, le mot est faible.
Alors ma mère est une femme magnifique, et certainement extraordinaire, mais elle n'était pas faite pour être mère. Alors quels sont mes sentiments ? J'ai envie de dire, ça dépend de nos humeurs. Parfois je voudrais ne jamais l'avoir connue, d'autres fois, je me dis que malgré tout, elle m'offre un toit. 

Tu t'entendais bien avec ton père ?
Oh que oui, je l'ai toujours considéré comme un héros, d'ailleurs je pense que j'idéalise son souvenir, mais c'est ainsi que je le vois. Mon père était un homme formidable qui m'a appris tout ce qu'il savait et qui m'a fait partager sa passion, entre autres celle qu'il avait pour les livres.
Il a toujours été présent dans ma vie, il m'a appris à marcher, probablement à parler, il m'a fait sourire, et m'a consolée à chaque fois que j'en avais besoin. Il m'a écouté dire des choses horribles sur ma mère en essayant toujours de me faire voir les choses autrement, mais je n'ai jamais cessé de lui dire à quel point je la détestais. Aujourd'hui, je regrette, ça devait être horrible à entendre sachant que c'était une femme qu'il aimait.
 
Comment expliques-tu que ta mère et toi vous ne vous entendiez pas du tout ?
Eh bien, toute mon enfance, du moins aussi loin que je peux remonter, j'ai entendu ma mère me dire qu'elle n'aurait jamais voulu d'enfant, que je n'étais « qu'une erreur de parcours ». Elle m'a souvent jugée sur des actes infondés, critiquée sur ma manière de gérer les choses, sur mon caractère. Je n'ai jamais été assez bien pour elle, je n'ai jamais été à la hauteur de représenter sa famille. Et les choses sont plus faciles quand ta mère te déteste, tu n'as pas envie de l'aimer non plus.
Je n'ai entendu qu'une fois ma mère me dire quelque chose de positif, c'était pour me dire à quel point je ressemblais à mon père. C'est quelque chose qui m'a fait énormément plaisir, parce que j'idolâtre mon père certes, mais parce que je sais qu'il était un homme bon, ce qui signifie que je peux être aussi forte que lui.
Il est presque certain que notre ranc½ur mère/fille n'est due qu'à une suite de non-dits chacune de notre côté. Chacune essaie de vivre avec l'autre, sans faire attention à la vie de l'autre, et ça ne peut pas fonctionner, alors on se marche dessus.
Après, ce n'est pas que nous ne nous entendons pas, au contraire, on se tolère merveilleusement bien, la preuve on vit encore aujourd'hui sous le même toit. Le problème, c'est que nous ne nous connaissons pas, c'est de là que viennent tous nos conflits.

Est-ce que votre relation a évolué (en bien ou en mal) depuis la mort de ton père ?
Oui, elle est passée un peu par tout on peut dire. Au début ça a très mal commencé puisque je suis partie, et pendant deux mois j'ai vécu chez une de ses amies. Elle n'est pas venue me voir et je n'en avais pas envie non plus. Alors quand elle est revenue, du jour au lendemain, je l'ai plutôt haïe. Pourquoi ? Eh bien, elle m'avait laissée deux mois sans nouvelle d'elle, sans savoir ce qui allait se passer, mais je ne m'en portais pas plus mal. Et puis je réfléchis, et je me dit qu'elle a ce mérite, c'est elle qui est revenue la première, pas moi. Je ne saurais te dire quand les choses se sont « arrangées », je pense que ça s'est fait petit à petit, du moins ce n'est pas venu du jour au lendemain. Aujourd'hui, les choses vont « bien », si on peut dire. On se dit bonjour, on se sourit. On a appris à vivre ensemble. Comme je l'ai dit, nous nous entendons bien, chose que nous n'avons découvert que récemment toutes les deux.
Après, elle n'est pas souvent à la maison, et moi non plus, du moins, nous y sommes rarement au même moment, par conséquent, nous n'avons pas besoin de discuter beaucoup. Cependant, j'ai remarqué qu'inconsciemment, on faisait chacune quelque chose pour tenter de se rapprocher de l'autre. J'ai toujours refusé d'attendre ma mère dans la salle d'attente de l'hôpital, et maintenant j'y vais presque tous les jours, même si le soir elle ne rentre pas à la maison. Je veux juste continuer de découvrir son environnement, qui peut être, un jour sera le mien. Je lui ai découvert un côté humain, elle est tellement généreuse, tellement souriante quand elle est dans cet hôpital que je me demande comment elle peut arriver à la maison et avoir autant de ranc½ur en elle. 
Et de son côté, elle essaie de découvrir mon monde. Elle va de temps en temps voir ma jument pour lui donner une carotte. Une jument qu'elle m'a offerte à la mort de mon père pour que « je ne sois pas seule ». Une jument qu'elle ne connaît pas, mais qu'elle prend le temps de nourrir. Elle essaie d'entrer dans mon monde, et c'est une énorme victoire. Jamais de toute mon existence je n'aurais pensé dire ça un jour, ma mère essaie d'entrer dans ma vie.
Je suis persuadée que c'est grâce à ça que nous nous entendons un peu mieux. Il y a tellement eu de guerres, tellement de méchanceté qu'aucune de nous ne peut effacer, que le seul moyen pour nous entendre, c'est d'aller découvrir le monde de l'autre, sans avoir besoin de lui montrer.
 
Ton père est décédé, ta relation avec ta mère est quasi inexistante, comment tu vis ça au quotidien ?
Je suis quelqu'un de très solitaire, mais me retrouver sans mon père a été un véritable choc. Je ne peux m'empêcher de penser à lui, et pourtant maintenant je dois faire sans sa présence.
Pourtant, au quotidien, ce n'est pas difficile, au contraire. Ma mère adore son travail et est très occupée. De mon côté, je suis aussi très prise par mes études qui me passionnent, alors forcément je m'y donne corps et âme. Les seuls moments où je pourrais être seule avec ma mère sont ceux où nous avons toutes les deux envie de dormir. Au final, c'est comme si je me retrouvais seule dans un appartement, sauf que je suis nourrie, logée et blanchie... Je dis souvent que j'aurais aimé connaître ma mère, que je la déteste et tout ça est bien dommage. Mais j'ai grandi comme ça, alors je ne peux nier que je le vis très bien. Mais qui me dit que si nous étions comme mère et fille, je ne serais pas encore mieux ? 
 
Comme ta mère ne t'élève pas, tu dois être plus autonome ? Et mature ?
Pourquoi aurait-elle besoin de m'élever, j'ai 20 ans, je suis capable de me débrouiller seule. J'ai toujours été très autonome, très solitaire, donc faire les choses par moi-même ne me dérange pas. De plus j'ai plutôt confiance en moi, du moins, j'ai un esprit de décision qui peut le faire penser, donc me retrouver seule dans la nature, ça ne me fait pas peur.
Mature, tout dépend de ce que tu appelles mature. Et, plus mature que qui ? Que les gens de mon âge ? Tout dépend de l'éducation qu'on a reçue, de notre manière de penser, de voir les choses. Je ne dirais pas que je le suis moins que certains, mais je ne le suis sûrement pas plus que d'autres.

Ça te fait plaisir que vous appreniez un petit peu à vous connaître toutes les deux ?
On le fait sans vraiment le montrer à l'autre. Alors c'est compliqué. Oui ça me fait énormément plaisir de voir qu'elle peut prendre du temps pour voir ma jument, qu'elle essaie de comprendre les liens que j'ai avec elle. J'en suis très heureuse, et je suis moi-même contente d'aller à l'hôpital. Oui parce que ce n'est pas qu'un lieu morbide où les gens pleurent, on sauve des vies, on rend le sourire aux gens parfois. Et ça me permet moi, de voir ce côté protecteur et admirable que porte ma mère.
Mais en même temps, ce n'est pas ce que j'aimerais. Je voudrais connaître la date de son anniversaire, savoir ce qui lui plaît. Est-ce qu'elle aime lire ? Est-ce qu'elle aime les animaux ? Est-ce qu'elle écoute de la musique ? Mais ce qui m'intrigue le plus, c'est ce qu'elle ressentait pour mon père ? Qu'a-t-elle fait pendant ces deux mois où nous ne nous sommes pas vues, et pourquoi est-elle finalement revenue ? J'ai tant de questions, auxquelles je n'aurai jamais de réponses, tout simplement parce que, non, nous ne nous connaissons pas assez.
Alors j'en suis très heureuse, tant mieux si chacune entre dans le monde de l'autre, tant mieux si nous nous tolérons de plus en plus. Mais non, non ça ne me fait pas plaisir, car je ne voulais pas que les choses prennent cette tournure.
 
Tu ne manques pas "d'affection maternelle" ?
Fût un temps où à la sortie du lycée, je passais mon temps à attendre ma mère sur un banc. Et puis un jour j'ai rencontré un vieux monsieur, qui s'était assis sur ce banc. J'ai appris qu'il m'avait observée chaque jour. Au début, j'ai eu plutôt peur, mais cet homme m'a appris énormément de choses sur moi-même. Cet homme savait qui j'étais, pourquoi ? Parce que ma mère s'occupait de lui. Nous avons beaucoup discuté, et le dernier mot qu'il m'a dit c'est « Merci ». Merci pour quoi ? Parce qu'apparemment, je lui ai permis de comprendre, à quel point l'amour état important dans une famille.
Pourquoi je te dis ça ? Parce que d'après lui, j'attendais sur ce banc dans l'espoir qu'un jour ma mère me ferait un signe, me dirait qu'elle m'aime et que nous pouvons compter l'une sur l'autre. D'après lui, j'attendais qu'elle réagisse comme mon père. Pour lui ce banc était le symbole de l'amour, parce que chaque soir, j'attendais là que ma mère arrive et nous partions toutes les deux vers la voiture. Pour cet homme, je manquais de quelque chose, je manquais de cet amour maternel.
Mais je dois te dire, que je n'en ai aucune idée. J'ai envie de te dire que oui, que tu as raison, que cet homme avait raison, mais comme je te l'ai dit, je vis plutôt bien cette situation, même si elle reste difficile à vivre. Ma mère ne m'a jamais rien dit de positif, et nous n'avons jamais rien partagé. Mais je n'ai connu rien d'autre de sa part, alors comment savoir si ça me manque ?
Bien sûr que quand je vois mes amis partager des choses avec leurs parents, avec leur mère, je rêverais de pouvoir faire pareil, de pouvoir lui raconter ma journée, faire les magasins avec elle, sortir en ville, aller au cinéma,... Ce n'est pas tant l'affection maternelle qui me manque, je ne l'ai jamais connue. Mais plutôt l'affection paternelle, que j'ai perdue du jour au lendemain.
Si je devais te dire quelque chose qui me manque, que je partageais avec mon père, et qui, je sais, peut être partagé avec une mère, c'est pouvoir la prendre dans mes bras. Rien qu'une fois. Parce qu'au final, c'est ça qui me manque le plus. Le contact.
 
Un dernier mot ?
Je te remercie de m'avoir permis de témoigner, d'avoir pris le temps de lire mon histoire. Et si je devais donner un conseil, ne restez jamais sur des non-dits, des mots qui ne vous sont pas destinés ou encore des attitudes que vous n'approuvez pas. N'ayez pas peur de discuter avec vos parents, de partager des choses avec eux. Ce sont les seules personnes qui ne vous abandonneront jamais, qui sont capables de vous comprendre. Et vous n'imaginez pas, à quel point, cette relation est importante.
Je voudrais finir sur une phrase qui me tient énormément à c½ur, (avis aux curieux pour la traduction) "Bhinneka tunggal ika".
Je remercie également tous ceux qui auront eu le courage de lire jusqu'à la fin.

Tags : Famille - Rejet - Relations humaines

Je suis victime d'un lourd passé - 6 10/12/2016

"J'avance dans la vie au lieu de reculer."


Qui es-tu ?
Je suis Eilumé je vais sur mes 24 ans et je vis actuellement en Bretagne.
 
Quelles sont les épreuves que tu as dû surmonter ?
Un père qui m'a battue et duquel j'ai dû fuguer, une mère qui est devenue homosexuelle et qui m'a dit "je t'aime" au bout de 18 ans car je suis issue d'un viol, un frère qui s'est suicidé à ses 21 ans par pendaison alors que je n'avais que 17 ans, moi qui suis tombée dans les TCA (anorexie, boulimie et hyperphagie), qui me suis mutilée et ai fait plusieurs tentatives de suicide pour au final me réveiller à l'hôpital... Et aujourd'hui je me fais adopter par la femme de ma mère qui a hélas un deuxième cancer.

Déjà pour commencer, tes parents sont donc divorcés ? Est-ce que tu l'as mal vécu ?
Oui mes parents ont divorcé quand j'avais 10 ans. Pour être franche je n'en pensais rien, ça me passait au-dessus de la tête. 

Quand ton père a-t-il commencé à te battre et pourquoi ? 
Mon père a commencé à être violent verbalement avec moi vers mes 6 ans et physiquement vers 8 ans. Pourquoi ? Car je suis une femme, une moins que rien et surtout car je ressemble à ma mère, de plus mon père a toujours été un alcoolique. 

C'est pour cette raison que tu a fugué ? 
Oui et non. A savoir je suis partie de chez lui deux fois. La première à mes 13-14 ans car oui il était trop violent envers moi et j'avais d'importants bleus sur le corps et il m'a fêlé le tympan. La deuxième à mes 17 ans car j'avais compris que c'était moi la prochaine à me donner la mort si je restais dans sa famille. 

Ca t'a fait un choc d'apprendre que ta mère était en fait homosexuelle ?
Non pas du tout. J'avais 6 ans quand je l'ai appris. A cette époque j'écoutais souvent aux portes et j'ai entendu ce que je ne devais pas savoir, du coup à mes 10 ans quand on l'a appris vraiment j'ai juste posé des questions car je ne comprenais pas tout. 

Quand est-ce que tu as appris que tu étais issue d'un viol ? Comment as-tu réagi ?
Je l'ai su à mes 16 ans lors d'une violente dispute avec ma mère. Je suis tombée de haut mais au fond je me doutais que quelque chose clochait entre elle est moi. A cette époque j'ai eu honte de moi, je fuyais ma mère et je me fuyais moi-même, je me donnais envie de vomir et j'ai eu la sensation d'être un rebut de la société, un être infâme et infecte. Du coup je suis retournée chez mon père qui lui voulait une bonne à tout faire. Mais je n'avais pas le choix je devais trouver un endroit où dormir. 

Tu as souffert du manque d'amour de tes parents ?
Cruellement. Qui ne souffre pas de l'absence d'amour de la part d'un proche ? Mon père m'a tellement détestée que pendant presque 7 mois j'ai dormi à même le sol, j'ai vécu les pires souffrances en sa présence mais aujourd'hui je ne ressens plus que de la pitié envers lui. Quant à ma mère, elle m'a dit je t'aime pour la première fois à mes 18 ans et j'ai compris ce jour-là, ses peines et ses souffrances, car si on dit de moi que j'ai un passé lourd ce n'est rien comparé à celui de ma mère. Ce n'est pas de sa faute si elle ne me témoignait aucun geste tendre. A présent, elle et moi sommes complices comme jamais, nous avons nos rituels de mère et fille et je suis heureuse. 

Tu ne t'attendais pas du tout au suicide de ton frère ? Ca a été violent pour toi ? 
Je crois que si, une part de moi se doutait de son état. Il me demandait souvent d'aller chez lui pour boire un café et discuter mais je n'y allais que trop rarement. Aujourd'hui encore je me souviens des derniers mots que je lui ai adressés. Il voulait que je vienne faire une petite soirée chez lui et je lui ai dit non car je voulais rester sur l'ordinateur. J'ai perdu mon monde à sa mort. Ma vie s'est effondrée le jour où il m'a abandonnée. Je n'imagine pas la douleur de notre autre frère qui lui aussi avait 21 ans à l'époque (des jumeaux mais l'un est né en décembre 1989 et l'autre en janvier 1989, ma mère portait l'un dans son ventre et l'autre dans ses trompes et quand le premier est né le second s'est placé dans son ventre).  

Tu as compris son geste ? Et tu t'es remise de son décès depuis ?
Oui et non, il n'a pas laissé de lettre d'explication ni aucun message. Je le comprends car il a toujours été en marge de la société, solitaire et hors du temps. On ne fait jamais un deuil d'un proche, pour moi c'est une chose absurde car la douleur est toujours la même, on apprend juste à vivre avec. De toute façon on n'a pas le choix le monde continue de tourner malgré tout mais j'ai longtemps vécu sur pause après sa disparition. 

C'est cette suite d'événements douloureux qui t'ont conduite à la mutilation et aux TCA ?
Absolument oui. Mais quand j'ai vécu  à mes 17 ans chez mon père je ne mangeais pas à ma faim et petit à petit je n'avais plus faim. Car bizarrement je ressentais enfin une émotion, plus je perdais et plus je me sentais vivante. Quant à la mutilation c'était uniquement pour m'empêcher de faire une plus grosse connerie. Le plus souvent j'avais envie de me jeter du haut d'une fenêtre donc la mutilation était pour moi le seul moyen de ne pas trop en faire. 

Comment es-tu passée de l'anorexie à la boulimie et à l'hyperphagie ? Ca a duré combien de temps ?
Ma maladie a commencé à mes 15 ans et je suis encore malade. Je ne sais pas comment je passe d'une étape à l'autre je pense que c'est en fonction des événements. Mais c'est une chose horrible que je ne souhaite pas à mon pire ennemi, car quand vous avalez 5 kilos de nourriture qu'elle soit congelée ou crue en l'espace d'une demi-heure et que vous passez une heure aux toilettes les doigts ancrés dans la gorge on en perd le sens de vivre. L'hyperphagie est pour moi le pire, c'est comme une crise de boulimie qui n'a pas de fin. L'anorexie est plus facile surtout au niveau du porte-monnaie. Dans cette période je me sens bien, tout est sous contrôle mais tout n'est qu'illusion.   

Qui t'a retrouvée après chaque tentative de suicide ? Pourquoi tu as voulu en finir à plusieurs reprises ?
Une fois une amie du lycée m'a retrouvée dans les toilettes un soir, je commençais à me trancher les veines car je ne supportais plus rien et je n'étais plus rien. Et la seconde fois ce sont mes mères qui m'ont retrouvée. Elles étaient parties dehors et en revenant j'était étendue sur le sol car j'avais avalé 3 plaquettes de somnifères, je me suis réveillée le lendemain branchée de partout à l'hôpital sans comprendre réellement ce que je faisais là. Je m'en suis voulue car je m'étais encore ratée. Comment vivre quand depuis votre enfance on fait tout pour vous détruire, pour vous briser , je ne savais pas et je ne voulais pas le savoir. Je voulais juste la paix et rejoindre mon frère.  

Depuis quand la femme de ta mère a un second cancer ? Et quel âge avais-tu quand elle a eu le premier ?
Pour son premier cancer j'avais 22 ans et aujourd'hui elle en est a son deuxième et j'ai 23 ans. Son premier cancer était celui de la thyroïde et celui qu'elle a aujourd'hui est celui de la gorge. A savoir je suis habituée aux maladies de mes mères, elles sont toutes les deux handicapées physiques à 80 %, mais on se bat ensemble. 

C'est elle qui a proposé de t'adopter ? Tu en as été heureuse ?
Non c'est nous deux. Je la connais depuis mes 6 ans et je la considère comme une mère et un père. Je lui dois la vie et ce que je suis devenue maintenant. Je l'aime plus que n'importe qui depuis que je la connais depuis mes 6-7 ans.  Le simple fait que bientôt je serai officiellement sa fille me comble littéralement de bonheur. Je suis fière de pouvoir dire que je suis issue d'une famille homosexuelle.  Ma mère aussi va changer de nom de famille quand elle sera mariée à l'élue de son c½ur et on attend ça avec impatience. 

Tu es donc revenue habiter chez ta mère à tes 18 ans ?
Oui enfin à mes 17 ans et demi quelques jours après la mort de mon frère. 

Tu étais proche de ton frère décédé ?
Oui et non on avait nos caractères bien différents. Mais il m'a appris beaucoup de choses tout au long de ma vie, comme faire mes lacets, regarder des films d'horreur alors que je n'avais que 10 ans. 

Es-tu es proche de ton autre frère ?
Non pas vraiment, on se respecte mais ça ne va pas plus loin. Il n'est pas famille et ça me va car au final je n'ai pas grand-chose à lui dire. 

Es-tu bien entourée niveau amitié ? Et en général, maintenant tu te sens soutenue par tes proches ?
A l'heure actuelle oui je suis bien entourée, je n'ai pas à me plaindre, mais je suis très casanière, je préfère de loin rester chez moi que d'aller faire la fête. 

Quel âge avais-tu quand tu as tenté de te suicider ? Tu y as repensé depuis ?
Ma dernière tentative remonte à mes 20 ans et non je n'y pense pas j'avance dans la vie au lieu de reculer. 

Tu as peur pour le second cancer de ta mère adoptive ? 
Qui n'a pas peur d'une telle maladie. Le simple fait de me dire que je peux la perdre me fait terriblement peur. 

Pourquoi tes mères sont handicapées ? C'est un combat difficile pour vous ?
Elles sont handicapées physiques à cause de multiples maladies, bientôt elles ne pourront plus marcher. Oui car je pense toujours à leur santé et à les aider du mieux que je le peux. 

Où en es-tu niveau TCA et mutilations maintenant ?
Je ne pratique plus de mutilation depuis longtemps et j'ai fait des tatouages par dessus histoire de ne pas voir les traces blanches tous les jours. Niveau TCA je ne sais pas, parfois je vais bien parfois je vais mal ça dépend de mes humeurs. 

Aujourd'hui, tu te sens comment ? (plutôt heureuse, malheureuse, épanouie, perdue... ?)
Je me sens vivante et c'est déjà beaucoup. 

Tu as des nouvelles de ton père ? Tu le vois encore ?
Non je ne le vois pas mais je sais que j'ai un petit frère qui a seulement 5 ans, je ne l'ai vu qu'une fois mais ça reste là. Je ne veux plus voir mon père. 

Depuis quand as-tu décidé de ne plus voir ton père ?
Peu de temps après la mort de mon frère, ça fait 6 ans. 

Tu ne veux pas avoir plus de contact que ça avec ton demi-frère ?
C'est  cruel ce que je vais dire mais non, je ne désire pas le voir pour le moment. Peut-être qu'un jour, quand il sera plus grand et capable de prendre ses propres décisions qu'il viendra vers moi et seulement à ce moment je lui ouvrirai ma porte. 

Un dernier mot ?
J'ai mis des années à me dire que la famille que j'avais ne faisait pas de moi un être horrible. J'ai su me relever après chaque coup que mon père me portait violemment, j'ai su dépasser la colère et l'ignorance de ma mère pour me construire. Alors pourquoi pas vous ? 

Edit du 19 mars 2017 : Pour vous donnez quelques informations de l'évolution de ma petite vie, mes parents bien que malades au plus au point (le cancer de ma belle mère n'est pas fini et ma mère a eu une deuxième crise cardiaque pour noel autant vous dire que ce n'était pas la joie) elle vont se marié le mois prochain. Ce qui facilitera par la même occasion mon adoption. Mon père à retrouver mon numéro de téléphone et à commencer a tenter de me joindre mais je lui ai bien fait comprendre qu'il n'était plus de ma famille. Du côté de mon autre frère il a enfin vu ma mère après plus 12 ans sans vouloir la voir...bref ma vie continue. Merci du fond du coeur pour vos messages qui m'ont réconforter et donner quelques sourires. Portez vous bien.

Tags : Passé - Famille - Violence - TCA - Mutilation - Mort - Maladie - Suicide

J'ai été placée en famille d'accueil 03/12/2016

"Ma famille d'accueil je les considère comme des grands-parents..."


Qui es-tu ?
Bonjour moi c'est Nouma, j'ai 27 ans.

Pourquoi tu as dû être placée en famille d'accueil ?
J'ai été placée dans une famille d'accueil à causse de ma mère qui ne me supportait pas, elle me frappait quand mon père était au travail alors que quand il était à la maison elle ne faisait rien.

Quel âge avais-tu ?
J'avais 2 ans et 9 mois quand j'ai été retirée de ma famille.

Tu as été dans une ou plusieurs famille(s) d'accueil ?
De 2 ans à 9 ans j'étais dans une famille d'accueil adorable, qui aimait les enfants puis je suis repartie 1 an chez mes parents et là ça c'est mal passé avec ma maman qui me tapait la tête contre le mur, des coups de casserole est des claques puis des coups de ceinture. Alors quand j'ai passé des vacances dans la famille d'accueil, je leur ai tout dit et c'est là que je suis retournée en famille d'accueil, en plus j'avais demandé à la famille d'accueil si elle voulait me récupérer et elle a dit que oui, donc pour répondre à ta question oui je suis restée dans la même famille d'accueil durant un de plus de 16 ans.

Qui avait pris cette décision ? Tu étais contente ou non ?
La décision a été prise par les services sociaux de ma région, quand j'étais petite je ne comprenais pas pourquoi on me plaçait mais quand j'ai eu l'âge de comprendre je l'ai accepté.
 
Ça a été facile de t'intégrer en famille d'accueil ?
Pour ma part oui car je suis tombée dans une excellente famille d'accueil qui m'a appris plein de choses, cette famille d'accueil-là adorent les enfants et comme ses enfants étaient grands elle s'est proposée à faire de la protection pour les enfants. Quand je suis arrivée dans la famille j'étais pas la seule enfant de mon âge il y avais deux s½urs déjà arrivées et on a grandi ensemble, même que je les considère comme mes s½urs.

Ton père ne savait pas que ta mère te battait du coup ?
Il ne savait pas que ma mère me battait, il l'a su seulement quand j'ai été placée, il a même failli divorcer mais il l'a pas fait, j'étais petite. Mais là il est divorcé et il s'est même remarié avec une Marocaine que je considère comme une 2ème maman.
 
Comment les services sociaux ont été au courant de ta situation ?
Les services sociaux l'ont su par les institutrices de l'école du village.
 
De 2 à 9 ans tu étais encore en contact avec tes parents ?
Oui j'étais encore en contact avec ma famille car de tous les 5 enfants j'étais la seule à être placée. Et dès que j'ai eu 7 ans je pouvais passer un week-end sur deux.

Pourquoi tu es repartie un an chez eux ?
Je suis revenue chez mes parents car les services sociaux ont dit que l'environnement familial était en danger et parce que j'avais fait la demande de revenir.

Ta famille d'accueil tu la considères comme ta vraie famille ?
Ma famille d'accueil je les considère comme des grands-parents car je les ai toujours appelé papy et mamie.

Après tes 18 ans tu es partie vivre seule ?
Non je ne suis pas tout de suite partie de ma famille d'accueil, j'ai attendu, j'ai passé mon CAP vente que j'ai eu bien sûr et à 19 ans je suis retournée chez mon père qui n'était plus avec ma mère.

Tu vois encore ta famille d'accueil ?
Oui je vois encore de temps en temps ma famille d'accueil car j'ai eu un fils et ils l'ont vu et m'ont même donné des conseils, un transat et des vêtements pour mon fils.
Pourquoi avais-tu fait la demande de revenir habiter chez tes parents ?
C'est moi qui avais demandé à revenir chez mon père car il n'y avait plus ma mère à la maison.

Pourquoi t'as dit que tu as fait la demande pour revenir chez toi parce qu'il y avait plus ta mère alors que tu disais que quand tu es revenue un an chez tes parents ta mère te battait ?
Au debut ma mère n'était plus à la maison mais 4 mois après elle est revenue.

Ta mère tu la vois encore ? Et à quelle fréquence ?
Non je ne la vois que rarement et à chaque fois que je l'appelle elle ne me répond pas.

Un dernier mot ?
On peut tomber sur de bonnes familles d'accueil qui ne profitent pas !

Tags : Famille - Famille d'accueil - Foyer

J'ai un demi-frère caché 02/11/2016

"Je crois que j'ai besoin de parler avec lui, de savoir ce qu'il a vécu, tout ça."

"Nous sommes comme des îles dans la mer, séparés à la surface mais connectés en profondeur."

Qui es-tu ?
J'ai déjà fait un témoignage du coup je vais encore une fois m'appeler Harley et j'ai toujours 14 ans.

Tu as un demi-frère caché du côté de ton père ou de ta mère ?
J'ai un demi-frère caché du côté de mon père.
 
Quand l'as-tu appris et par qui ?
Je l'ai appris il y a maintenant quelques années par mon père.

Comment as-tu réagi quand tu l'as su ?
Je n'ai pas réagi, j'étais chez mon père alors je n'ai pratiquement rien dit, je m'en suis rappelé il y a un an je crois.

Tu as déjà pu lui parler / le rencontrer ?
Non, j'ai essayé. J'ai été jusqu'à contacter mon père pour savoir son nom de famille et le retrouver, mais je n'ai pas réussi à lui faire dire son nom de famille. Tout ce qu'il voulait c'était me parler alors que moi je voulais juste ce nom de famille. 

Donc ton père te l'a dit il y a longtemps mais ça ne t'avait pas particulièrement marquée ?
Sur le coup, non. Mais je crois que j'en ai parlé à ma mère un peu après qui a confirmé et ça en est resté là jusqu'à il y a quelques mois peut-être un an, ça m'est revenu. (La période avec mon père me revient par flashs parce que j'ai complètement oublié ces moments de ma vie, si je n'avais pas été au commissariat je crois que je ne me rappellerais plus que j'ai été frappée.)
 
Tu connais la mère de ton demi-frère caché ?
Oui, maintenant, obligatoirement. Mais avant non et je ne connais pas son prénom.

Ta mère est au courant de l'existence de ton demi-frère ?
Oui, je crois qu'un enfant ça ne se cache pas vraiment.

Pourquoi cherches-tu à le retrouver absolument ?
Je crois que j'ai besoin de parler avec lui, de savoir ce qu'il a vécu, tout ça. On a le même père, la même histoire on pourrait se comprendre mieux que personne. Mais j'ai appris qu'il voyait encore mon père, alors je ne sais pas, je ne peux pas lui en vouloir mais prendre le risque de lui parler avec mon père à côté, non.

Quel âge a ton demi-frère ? 
Il a 25 ans, normalement.

Il vit avec votre père ? 
Non, il vit avec sa mère. Mais il le voit quand même.

Tu as le sentiment que ton père a également frappé ton demi-frère ? Ou tu en es même certaine ?
Avant j'en étais sûre. Maintenant je ne sais pas, mon père m'a dit qu'il ne le voyait plus (je crois) et quand je lui ai reparlé il m'a dit qu'il le voyait. Mais il s'est forcément passé quelque chose sinon je l'aurais vu pendant que j'allais là-bas. Finalement je pense que oui, il l'a frappé, mais mon demi-frère l'a pardonné.

Tu sais si ton demi-frère est au courant de ton existence ?
Avant je pensais que non, mais depuis la discussion avec mon père je crois que oui, il lui a dit. Et j'ai bien peur qu'il n'ait pas dit que du bien de ma mère.

Un dernier mot ? 
Oui, merci beaucoup pour le témoignage ! Et si une personne cherchant son frère ou sa s½ur tombe sur cette page, ne perds pas espoir.

Tags : Famille - Secret

J'ai dû m'occuper d'un proche en fin de vie 22/10/2016

"J'en parle mais je ne réalise pas. Et je sais que le jour où je vais réaliser, ça va être très dur."

"Les gens que vous aimez deviennent des fantômes à l'intérieur de vous et de cette façon vous les gardez vivants."

Qui es-tu ? 
Je m'appelle Mary et j'ai 23 ans. Je suis étudiante.

De quel proche tu as dû t'occuper ?
Je me suis occupée de mon père.

Quelle maladie avait-il et depuis quand ?
Il avait un cancer des poumons.

Depuis combien de temps saviez-vous que ton père était en phase terminale ?
Ce n'était pas mon père biologique alors j'ai su qu'il était malade lorsqu'il est sorti avec ma mère en 2008. Mais à l'époque il n'était pas en phase terminale. En 2008 et en 2013, les médecins avaient réussi à bloquer le cancer grâce aux rayons X et à la chimiothérapie. En décembre 2015 il commençait à avoir de la toux mais les médecins incompétents ont mis 5 mois à comprendre que c'était son cancer qui était revenu....
En juin 2016 après 5 mois d'analyses il a recommencé les séances de chimiothérapie... Le 3 août mes parents se sont mariés et l'après-midi mon père a fait un malaise... Puis le 5 août 2016 (trois jours après leurs mariage), les médecins lui ont annoncé que la chimio ne faisait plus effet et que le cancer avait triplé de volume... Ils ont juste annoncé qu'il devait arrêter les séances de chimio. On ne savait pas combien de temps il lui restait à vivre.
Puis le 22 août lorsque mon père a fait un énième malaise, les médecins de l'hôpital nous ont annoncé (à 21h) qu'il ne lui restait plus que quelques heures à vivre, maximum 2 jours....

Comment as-tu réagi en l'apprenant ?
J'ai été choquée, surprise parce que je ne m'y attendais pas. Je ne m'attendais pas à ce qu'il lui reste si peu de temps tout à coup... Entre le 3 août et le 23 août, tout avait basculé. 

Où ton père a-t-il passé les derniers mois de sa vie ? Qui s'est occupé de lui ?
Il les a passés à la maison car il ne voulait pas être hospitalisé. Il faut savoir que tout ça c'est passé dans le sud de l'Italie et là-bas la médecine n'est pas très avancée. Ils ne gardent pas les patients à l'hôpital, même en fin de vie. Et si jamais ils les gardent bah ils les attachent aux lits et leurs donnent des sédatifs... C'est pour cela que mon père ne voulait pas y rester. 
Du coup pour s'occuper de lui, je suis descendue jusque dans le Sud rejoindre ma mère pour pouvoir l'aider.

Que faisais-tu pour l'aider, comment devais-tu t'occuper de lui ?
Je faisais les courses, le ménage et la cuisine pour que ma mère puisse s'occuper de mon père puis quand ma mère devait sortir pour s'occuper de choses administratives et aussi pour qu'elle puisse décompresser un peu, je restais à la maison avec mon père pour m'occuper de lui. Je ne rentrerai pas dans les détails mais il fallait l'accompagner partout, lui changer l'oxygène, faire attention à ce qu'il n'enlève pas le petit tube d'oxygène, il fallait rester près de lui jour et nuit car il ne dormait pas. Il avait peur de mourir dans son sommeil...

Quels étaient vos liens exacts puisqu'il n'était pas ton père biologique ? Quelle relation aviez-vous ?
On était très proches même si on ne se connaissait pas depuis longtemps. On aimait bien discuter ensemble, il me parlait tout le temps de son enfance et tout. Il se confiait énormément avec moi.

Comment avais-tu vécu son cancer en 2008 et sa récidive de cancer en 2015 ?
Je ne le connaissais pas encore en 2008 mais quand je l'ai connu et que j'ai su qu'il avait un cancer je ne m'étais pas préparée à cette fin... On sait que le cancer est là mais on essaie de ne pas y penser surtout quand la personne bouge tout le temps, sort, rigole et tout ça. On n'en parlait pas beaucoup parce qu'il avait réussi à bloquer la maladie. Mais en 2015, c'était différent car on savait qu'il avait réussi à se battre déjà deux fois et rarement on y arrive une troisième... Mais encore une fois, on ne pensait pas qu'il allait mourir. On ne s'était pas "préparés" à ça.

Est-ce qu'il s'attendait à ce qu'il lui reste si peu de temps à vivre ? Et ta mère ?
Il savait qu'il allait mourir. Il avait peur surtout la nuit. Comme j'ai dit, il ne voulait pas dormir de peur de ne pas se réveiller... Ma mère, c'est toute une histoire. Elle ne parle pas de ce qui la chagrine. Elle ne s'attendait pas non plus à ce qu'il nous quitte comme ça et aussi vite. Le 3 ils se marient et le 23 il décède. Elle était anéantie. 

Comment vivez vous depuis son décès ? Vous avez mis du temps à réaliser ?
Ma mère ne reste jamais seule, je fais toujours en sorte que quelqu'un reste avec elle jour et nuit. Elle ne montre pas sa tristesse mais je sais qu'elle a besoin de soutien. Honnêtement, je crois qu'on ne réalise toujours pas... J'ai toujours l'impression qu'à un moment donné il va rentrer à la maison. J'ai plus l'impression qu'il est sorti 5 minutes et non pas qu'il soit parti pour toujours. J'en parle mais je ne réalise pas. Et je sais que le jour où je vais réaliser, ça va être très dur.



Quel(s) sentiment(s) ressens-tu en ce moment quand tu penses à lui ? (déni, tristesse, colère, nostalgie...)
Je crois que je suis plutôt dans le déni. Je ne réalise pas qu'il soit parti.

Un dernier mot ?
Dites toujours je t'aime aux gens qui comptent pour vous car on ne sait jamais ce que la vie nous réserve.



Tags : Famille - Maladie - Décès

Un membre de ma famille s'est suicidé - 2 15/10/2016

"Je regrette de ne pas avoir cherché à le revoir, à lui parler ne serait-ce qu'au téléphone. Je me suis pourtant rendu compte que l'on avait tellement en commun !"


Qui es-tu ?
Je m'appelle Marie, j'ai la quinzaine, et j'habite en Savoie.

Quelle est la personne de ta famille qui s'est suicidée ? Quel âge avait-elle ?
Mon parrain, il avait cinquante ans passés.

Étais-tu proche de lui ?
Pour tout dire, pas vraiment. Je n'ai jamais été proche de ma famille paternelle, sûrement dû au fait que j'ai toujours habité loin. Je n'avais plus revu la famille de mon parrain depuis six ans, car ma relation avec sa fille, qui est pourtant ma seule cousine du même âge que moi, a toujours été très tendue, et aussi qu'on n'a jamais cherché à se revoir, tout simplement. Un jour, j'ai demandé mon parrain sur Facebook, je n'ai jamais eu de réponse. J'ai voulu réitérer, et il m'a carrément bloquée. J'ai été vraiment profondément vexée, alors que ça aurait pu permettre que l'on discute un peu plus, car nous étions déjà au point zéro. En avril dernier, ma mère a décidé d'organiser nos vacances de façon à ce que l'on voie toute notre famille paternelle. J'appréhendais vraiment beaucoup, comme je ne m'étais jamais vraiment intégrée avec eux. Il y a eu plusieurs problèmes, puis quand on a finalement pu faire notre dernière étape chez mon parrain, j'ai pu parler avec lui, et je me suis rendue compte que toutes les choses que je disais à propos de lui étaient de fausses idées. On a beaucoup discuté, de tout et de rien, il m'a conseillée... L'histoire de Facebook, c'était parce que c'était ma cousine qui gérait son compte. Je ne l'ai vu qu'une journée, car il repartait travailler à plusieurs centaines de kilomètres de là. J'étais très soulagée que notre relation aille mieux, et j'avais déjà hâte qu'on se revoie.

Comment as-tu appris sa mort ? Comment as-tu réagi ?
C'était trois ou quatre jours plus tard, ma s½ur venait de fêter sa profession de Foi. On s'était fait un grand repas, pour nous quatre, et au moment du dessert, ma mère a éclaté et nous a tout raconté. Au début, sûrement pour nous préserver, elle nous a dit qu'il avait eu un accident de voiture. Mais comme je n'arrivais pas à avaler la chose et posais trop de questions, elle m'a dit qu'il s'était suicidé. Ma s½ur ne l'a su que plus tard. 
J'ai été profondément choquée. Je l'ai toujours vu comme un homme fort, et ne me suis pas une seule seconde doutée qu'il allait si mal. Je ne pouvais pas me dire que je n'allais plus le revoir, et encore maintenant, j'ai du mal. Je n'arrive plus à entendre parler de mort et, durant plusieurs semaines, je me suis beaucoup questionnée sur l'éphémerité de la vie. Pour vous donner un exemple, je préparais alors des examens, mais dans ma tête, quelque chose me disait que le jour de l'examen n'arriverait peut-être pas.

Sais-tu pourquoi il s'est suicidé ?
Oui, il avait beaucoup de problèmes familiaux à ce moment-là. Il ne s'entendait plus du tout avec sa femme, et au final il l'a trompée. Ses parents étaient vraiment méchants avec elle, et il a dû couper les ponts avec eux. Au final, je suppose que trop empêtré dans les mensonges, et après une énième dispute avec sa fille à ce propos, il a cédé.

Tu as réussi à surmonter ton deuil ?
Oui et non. Je suis moins sensible, et j'ai retrouvé une vie normale, je n'ai plus toutes ces pensées. Mais il est encore dur pour moi d'entendre parler de divorce, de suicide, dans un film comme dans la vraie vie. Je resterai profondément touchée par cette histoire.

As-tu des regrets ? Quelque chose que tu aurais aimé dire à ton parrain ?
Oui, j'ai tellement de regrets ! À commencer par le fait que j'ai cultivé en moi une image de lui extrêmement péjorative. Il a été comme effacé de ma vie pendant six ans, et j'ai toujours cru que c'était de notre faute à nous deux et surtout la sienne, mais il faut croire que j'étais sûrement bien plus fautive que lui. Je regrette de ne pas avoir cherché à le revoir, à lui parler ne serait-ce qu'au téléphone. Je me suis pourtant rendu compte que l'on avait tellement en commun ! J'aurais aimé plus profiter de lui. Ne rien lui dire de particulier, puisqu'il ne savait pas ce que je pensais de lui, mais juste profiter, discuter de tout et de rien, et surtout que l'on se rapproche.

Tes proches ont-ils été étonnés de ce geste ? L'ont-ils compris ?
J'avais parlé de lui avec mon cousin avant d'aller chez mon parrain pour la dernière fois. On pensait à peu près la même chose à son propos, et nous avons réagi de la même façon : on était tristes, déçus, et j'imagine que mon cousin avait lui aussi beaucoup de regrets. 
Ma mère aussi était choquée, elle a beaucoup pleuré. Quant à mon père, j'étais bouleversée de le voir dans cet état de tristesse que je ne lui avais jamais vu, car avant d'être son beau-frère, mon parrain était surtout son meilleur ami de très longue date.

Un conseil à ceux qui ont perdu un proche, et plus particulièrement un proche qui s'est suicidé ?
Je ne sais pas vraiment... Je me suis beaucoup entendu dire qu'on n'y changerait plus rien désormais, mais je ne suis pas sûre que ça console vraiment. La semaine dernière, mon prof d'audiovisuel a dit quelque chose de très sensé, qui peut-être vous fera voir les choses autrement : prenez des photos. Parce que de toute façon, chaque instant meurt à peine commencé, et on ne le revivra plus jamais. Alors que la photo, elle, contre la mort. Elle fait revivre ces instants. Donc avoir des photos de cette personne peut être un moyen de la laisser continuer à vivre et rester dans les mémoires.

Un dernier mot ?
Merci beaucoup à OnEstTousDifferents de son écoute et ses bonnes questions.

Tags : Suicide - Décès - Famille

J'ai 20 ans et je suis mariée 01/10/2016

"Comme j'ai eu le coup de foudre pour mon mari, pourquoi attendre ?"


Qui es-tu ?
Je m'appelle Sabrina, j'ai vingt ans et je suis Française.

Quand et comment vous êtes-vous rencontrés avec ton chéri ?
Je l'ai rencontré le 27 février 2015, chez des personnes en commun.

Quel âge aviez-vous quand vous vous-êtes mis en couple ?
18 ans et demi, et mon chéri 34 ans.

C'est lui qui t'a demandée en mariage ? Vous aviez quel âge ?
Non, c'est moi, six mois après. J'avais 19 ans et lui toujours 34.

Tu avais prévu de te marier si jeune ?
Depuis toute petite , j'ai toujours rêvée de me marier jeune, et comme j'ai eu le coup de foudre pour mon mari, pourquoi attendre ?

Est-ce que des personnes de votre entourage vous ont jugés/critiqués parce que vous vous êtes mariés jeunes ?
Non, pas parce que je me suis mariée jeune. Mais parce que mon mari a 16 ans de plus que moi.

Quels sont vos projets d'avenir à tous les deux ?
Fonder une famille et acheter notre maison.

Qu'ont pensé vos parents de votre différence d'âge ?
Mon père, il s'en fout royalement. Ma mère ne voulait que mon bonheur. Et la maman de mon mari n'a rien dit.

Ça ne te fait pas peur d'être déjà mariée à 20 ans ?
Alors là, absolument pas. Au moins, je me dis que j'ai réussi ma vie, il me manque juste un petit bout.

La différence d'âge entre vous ne vous a jamais posé problème ?
Eh bien non, jamais.

Vous avez déjà parlé d'avoir un ou des enfants ensemble ? 
Si oui, est-ce prévu bientôt ?
Oui, on en parle depuis nos 1 mois, d'ailleurs nous sommes en essais.

Vous habitiez déjà ensemble quand tu l'as demandé en mariage ?
Oui, chez ma maman. Maintenant, on a notre maison à deux.

Tu ne trouves pas ça tôt de te marier seulement au bout de 6 mois de relation ?
On s'est mariés à un an et demi. Mais j'ai fait la demande au bout de 6 mois.

Vous faites tout très rapidement dans ton couple, tu n'as aucun doute, aucune peur ?
Non, je n'ai aucune peur et aucun doute. On a eu des coups bas, mais on reste soudés.

Un dernier mot ?
Merci à vous. Et si vous êtes sûr de quelque chose, n'écoutez pas les autres, foncez !

Tags : Famille - Mariage - Amour

J'ai été battue - 2 28/09/2016

"Je sais très bien que je ne pourrais pas rester avec un homme dans une même pièce sans m'imaginer 1000 scénarios qui font vraiment peur et je suis très rancunière avec les hommes."


Qui es-tu ?
Je ne veux pas dévoiler mon identité donc je vais m'appeler Harley et j'ai 14 ans.

Par qui as-tu été battue ? 
J'ai été battue par mon père.

Quand était-ce ? 
Si je me souviens bien c'était entre mes 5 et 8 ans.

Avait-il déjà été violent physiquement ou même dans ses paroles avec toi avant ? 
Alors avant je le voyais dans un centre parce qu'il avait été violent avec ma mère avant que je naisse donc j'étais encadrée et avant qu'il obtienne le droit que j'aille chez lui il ne m'avait jamais montré de signes de violence dans ses paroles ou ses actes.

Comment l'as-tu vécu ? 
Quand je suis arrivée chez lui je l'ai très mal vécu mais ça s'amplifiait avec le temps j'en étais venue au point que quand il venait me récupérer pour un week-end à l'école je me cachais chez moi pour ne pas aller en cours et qu'il ne me récupère pas. A un moment j'ai même pleuré au téléphone pour qu'il ne vienne pas alors qu'il était déjà en route et il a accepté ce qui a valu à ma famille de dire qu'il était vraiment gentil et que j'exagérais ce qui a fait que je l'ai vécu encore plus mal.

En as-tu parlé autour de toi ? 
Oui, j'essayais en tout cas. Quand on me demandait ce qu'il me faisait j'avais une sorte de blocage et j'arrivais plus à m'en rappeler ou alors je n'arrivais pas à mettre de mots dessus et je ne m'en rendais pas compte jusqu'au moment où il a arrêté.

Comment/pourquoi ton père a arrêté ?
Il a arrêté parce qu'il était allé trop loin. Au début en fait la justice ne prenait pas en compte ce qu'il me faisait, pendant trois ans il me mettait des claques sans raison et j'avais très peur de lui, il suffisait que je l'énerve pour que tout dérape du coup je ne l'ai jamais fait. Puis un matin je déjeunais et je ne sais plus pourquoi il a découvert que je le détestais du coup il m'a frappée jusqu'à ce que j'aie des marques violettes. Du coup quand je suis revenue ma mère a porté plainte et depuis il n'a pas le droit de me voir et s'il me rencontre de s'approcher de moi.

A 5 ans, est-ce que tu savais pour quelles raisons ton père était dans un centre ? 
Non, pas du tout, je savais juste qu'il avait fait du mal à ma mère et qu'il pouvait m'en faire. Je crois que je n'étais pas assez "consciente" pour comprendre qu'il pouvait vraiment me faire du mal et du coup à ce moment-là je l'aimais bien, et quand je le disais à ma mère elle pleurait. Mais je ne l'aimais pas au point d'aller chez lui.

Puisque tu avais toujours un blocage pour en parler, personne n'était donc au courant que ton père te frappait ? 
Si, ma mère et ma famille le savaient parce que j'avais réussi à en parler à ma mère et elle le voyait aussi, je ne voulais absolument pas aller chez lui. Sauf qu'une fois elle est devenue complètement folle, elle m'a prise par la main avec un carnet et un stylo puis elle m'a emmenée et elle a commencé à me poser des questions en criant comme ça d'un coup, j'ai eu très peur, pas d'elle, mais de ce qu'il lui avait fait. Et mon blocage s'est accentué.

Tu lui en veux beaucoup ? 
A mon père ? Énormément. Je ne veux plus le voir tout simplement, la simple idée de lui me dégoûte, souvent je m'inspire de lui pour faire les "méchants" dans mes fictions.

Tu as réussi à t'en remettre ? 
Non. Enfin je ne pense pas, j'ai plusieurs exemples. Je sais très bien que je ne pourrais pas rester avec un homme dans une même pièce sans m'imaginer 1000 scénarios qui font vraiment peur et je suis très rancunière avec les hommes. Ensuite je déteste tout ce qui se rapproche de lui, je me rappelle très bien qu'il mangeait des madeleines nature le matin, je ne peux plus en manger. Et je ne peux pas raconter le moment où il m'a frappée sans pleurer.

Est-ce que depuis que ta mère a porté plainte tu as parlé à ton père ? 
Non. En fait il n'a plus le droit de me voir et de s'approcher de moi sous peine d'aller en prison. Je pense que la justice fait ça parce qu'il a fait la même chose à son autre enfant qui est mon demi-frère (que je ne connais pas).

Tu sais un peu plus précisément ce que ton père a fait a ton demi-frère ? Et comment l'as-tu appris ?
Non, je n'en sais rien, je sais juste qu'il n'a plus le droit de le voir mais c'est vague, et ma mère ne m'aide pas. Je l'ai appris par mon père lui-même qui m'a dit "Tu sais que t'as un frère ?" au début j'étais surprise mais je crois que l'info est passée bien vite comme j'étais chez lui je n'osais pas lui poser de questions. J'ai demandé à ma mère qui m'a dit oui, elle m'a aussi dit que sa mère était cinglée. Je n'ai jamais compris cette histoire, ma mère n'est pas censée la connaître.

Un dernier mot ?
Je voudrais dire merci à la web-miss pour m'avoir écoutée et avoir mis ce témoignage sur le blog et aussi à tous ceux qui lisent cet article ! J'espère que j'aurai pu vous aider un peu.

Edit du 5 octobre 2016 : J'ai reparlé à mon père sur facebook sans que ma mère le sache pour retrouver mon frère, sauf que ça s'est mal passé. Il m'a dit qu'il faisait tout pour me revoir et tout, et moi je l'ai juste clashé on va dire. Il ne m'a pas dit le nom de famille que je voulais au final.

Tags : Violence - Famille

J’ai été séparée de ma s½ur jumelle à la naissance 24/09/2016

"Je cherche à chaque coin de rue pour tenter de la trouver mais c'est peine perdue..."

 
Qui es tu ? 
Je m'appelle Kylie (prénom changé lors de mon adoption... Ma mère biologique m'avait appelée Chloé), j'ai vingt-deux ans, je vis près de Saint Etienne. 

Pour quelle(s) raison(s) as-tu été séparée de ta soeur jumelle à la naissance ? 
Mes parents adoptifs ne voulaient qu'un enfant... Ils m'ont choisie et ont laissé ma soeur à l'orphelinat.

Quand l'as-tu appris et qui te l'a dit ? 
Je l'ai appris lorsque j'avais quinze ans. Je regardais les photos de famille. Il y avait beaucoup de photos de mon frère (adoptif) étant bébé mais aucune de moi. Les plus anciennes je devais avoir deux ou trois ans. J'ai demandé pourquoi à mes parents et ils fuyaient la conversation, jusqu'au jour où j'ai été seule chez moi et où j'ai découvert une photo de moi avec une autre petite fille exactement pareille... J'ai posé la photo sur la table de cuisine avec un mot: "Je rentrerai quand vous serez capable de me donner des réponses." Ma mère est rentrée vers 17h30 et elle m'a appelée paniquée elle voulait que je rentre pour m'expliquer. Elle me l'a expliqué lorsque mon père est rentré. 

As-tu cherché à la retrouver ?
Au début non, je ne voulais rien changer à ma vie mais j'avais surtout peur de découvrir qu'elle n'avait pas eu la même vie que moi... A mes dix-huit ans j'ai contacté l'orphelinat, ils n'ont rien voulu me dire à part qu'elle avait été adoptée un an après moi. J'ai insisté un peu et ils m'ont avoué que notre mère est décédée. Je ne connais rien d'elle, ni son prénom, ni son nom. Nous sommes nées le 16 août 1994 à Saint-Etienne. Notre mère s'appelait Christelle. 

As-tu réussi ? 
Malheureusement non, je ne sais même pas si elle a connaissance de mon existence...

En as-tu voulu à tes parents qu'ils te cachent l'existence de ta soeur jumelle ? 
Oh oui, énormément... Je ne leur ai pas parlé durant deux mois environ...

Ils t'avaient dit que tu étais adoptée ? 
Pas directement, mais j'avais des doutes... Je ne ressemble pas vraiment à mon frère. 

Est-ce que tu comprends qu'ils n'aient voulu qu'un enfant et aient séparé des s½urs jumelles ?
Au début c'était extrêmement difficile... Avec le temps je m'y suis faite, j'ai essayé de me mettre à leur place. Leur situation à l'époque n'était pas celle d'aujourd'hui. Ma mère a eu une ligature des trompes (donc plus d'enfant...) et elle voulait absolument une fille. Mais j'étais la seule avec ma soeur à leur ressembler un peu. Selon elle, je semblais la plus triste donc elle m'a choisie moi. Aujourd'hui je leur en veux encore un peu. Ma vie ne serait pas celle d'aujourd'hui mais peut-être que je n'aurais pas tout ce que j'ai aujourd'hui donc bon.

Tu n'as donc aucun moyen de retrouver ta soeur ? 
Non, je n'ai même pas le prénom de mon père biologique. 

Tu souffres de ne pas avoir pu la retrouver ? 
Je ne dirais pas que je souffre mais j'y pense tout le temps. Je cherche à chaque coin de rue pour tenter de la trouver mais c'est peine perdue...

Tes parents adoptifs n'ont eu aucune information sur tes parents biologiques ?
Non, aucune. Et ils n'ont jamais vraiment voulu savoir. 

Un dernier mot ?
Hum... Oui, je suis blonde, 1m56 les yeux bleus verts. Peut-être que si ma soeur ou une amie passe ici je pourrais enfin lui parler. ❤ 

Edit du 20 novembre : Wouahou, vos commentaires me touchent énormément. Je ne pourrais pas séparée des frères et soeurs jumeaux ou pas mais voilà c'était il y a vingt ans et ce qui est fait est fait. Aujourd'hui je me concentre sur la recherche. Depuis que je me suis vraiment mise en tête de la retrouver je n'arrive plus à avancer dans la vie. En fait je suis bloquée à mes dix huit ans. Quand on me demande mon âge je réfléchis avant de répondre. Mon petit ami de l'époque m'a quittée et depuis je n'ai rencontré personne, je n'en ai ni l'envie ni le temps. J'ai 22 ans et pourtant une seule chose m'obsède. Ma soeur. J'ai poster des "annonces" sur Facebook dans les groupes de recherches. Mais je ne sais pas si elle est sur Saint Etienne ou non. J'ai pris contact avec un psy pour m'aider à avancer et j'ai rendez-vous avec une sorte d'avocat pour qu'il ait accès au dossier confidentiel. J'espère avoir des nouvelles rapidement. :D

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